The Hunt for Gollum

The Hunt for Gollum recycle Tolkien ? Pourquoi ce retour inquiète les fans de la Terre du Milieu

Gandalf et Frodon seront bien de retour dans The Hunt for Gollum, le prochain film estampillé Le Seigneur des Anneaux. Ian McKellen et Elijah Wood rempilent, tout comme Andy Serkis qui réalisera le long-métrage. Mais passé l’excitation de la nostalgie, difficile de croire encore à un miracle après les déconvenues du Hobbit.

Le retour (encore) dans la Terre du Milieu

Lors d’un événement dédié aux fans à Londres, Sir Ian McKellen a révélé que Gandalf et Frodon réapparaîtraient dans un nouveau film centré sur Gollum. Et il n’a pas lâché ça dans le vent : Andy Serkis, qui a donné vie au personnage culte dans la trilogie originale, sera derrière la caméra. Ce The Hunt for Gollum promet donc un fameux retour aux sources avec l’équipe historique.

Cerise sur le lembas, Peter Jackson, Philippa Boyens et Fran Walsh sont à la production. Même trio gagnant que sur les films qui ont marqué le début des années 2000. Boyens et Walsh vont également écrire le scénario. De quoi faire frissonner l’ado qui sommeille encore en beaucoup de fans.

Ian McKellen semble heureux de revenir malgré les mauvais souvenirs du tournage du Hobbit, notamment les fonds verts à outrance et la perte de naturel dans les scènes. Pour les nostalgiques, ce genre d’annonce fait forcément vibrer une corde sensible. Mais ça ne suffit plus.

The Hunt for Gollum dans Le Seigneur des Anneaux

Le Hobbit m’a vacciné

Je me souviens précisément de la sortie du Hobbit : Un voyage inattendu. C’était en 2012, minuit, j’étais étudiant et surexcité de retourner en Terre du Milieu. Le premier film m’avait plu, malgré les longueurs et les écarts déjà visibles. Je le défendrai toujours, mais objectivement, la magie commençait déjà à s’étioler.

La trilogie du Hobbit s’est peu à peu transformée en terrain de jeu numérique bourré de rallonge et d’invention scénaristique creuse. Plus que nécessaire, elle sonnait comme une série de contenus forcés, tirés des annexes et autres bouts de texte que Tolkien avait écrit pour enrichir son univers, pas pour en faire des scénarios.

Le parallèle avec Indiana Jones est cruel mais éclairant : à force de ressortir les vieilles gloires, on finit par les écorner. Ces univers culte ne sont pas des sources inépuisables. Et quand la sincérité de départ laisse place à la stratégie de studio, ça se voit.

Faire un film à partir d’un détail

The Hunt for Gollum est censé se concentrer sur un unique long-métrage, et c’est déjà un bon point. Pas de nouvelle trilogie annoncée pour le moment. Mais le problème, c’est que la matière de base est encore plus mince que celle du Hobbit. Là où ce dernier adaptait maladroitement un court roman gonflé artificiellement, The Hunt for Gollum ira encore piocher dans des bouts d’idées enfouies dans les notes de Tolkien.

Ça me rappelle trop Les Anneaux de Pouvoir. Même volonté d’exploiter les interstices de l’univers, même promesse d’enrichir la fresque… pour au final livrer une série plate, sans souffle et surtout sans nécessité. Pas mauvaise techniquement, mais inutile. Le genre de narration où tout le monde a l’air d’attendre que quelque chose d’épique se passe sans jamais que ça n’arrive vraiment.

Tolkien a je ne sais combien de pages de textes étendus, c’est vrai. Mais il les a écrits pour étoffer un monde, pas pour servir de banque à projets hollywoodiens. Contrairement aux licences comme Batman ou Spider-Man qui sont pensées pour être réinventées sans fin, la Terre du Milieu a une construction fermée, une histoire linéaire.

On a déjà eu le meilleur

La trilogie du Seigneur des Anneaux, c’est l’adaptation parfaite d’un monument de la littérature. L’arc narratif est complet, les enjeux clairs, les personnages iconiques, la fin marquante. C’est une œuvre aussi rare qu’intouchable.

Raconter ce qu’il y a autour, c’est comme vouloir expliquer la blague après le rire. À force d’extensions, on finit par étirer un univers qui n’en demandait pas tant. Pire encore, on affadit le souvenir. Chaque nouveau film qui n’est pas à la hauteur est un grain de sable lancé sur la fresque.

Alors oui, je suis tenté. J’ai envie de revoir McKellen claquer sa canne et marmonner dans sa barbe, de réentendre les murmures flippants de Gollum, de retrouver la musique de Howard Shore. Mais je me suis déjà fait avoir.

The Hunt for Gollum risque bien d’être encore un film de plus, fait pour prolonger artificiellement un univers qui n’avait pas demandé à revenir. Et cette fois, je préfère garder mon précieux souvenir intact.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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