The Outer Worlds 2, la suite du RPG satirique d’Obsidian, divise. Et pas seulement chez les joueurs. Daniel Vávra, directeur du studio Warhorse à l’origine de Kingdom Come: Deliverance, n’a pas mâché ses mots : pour lui, ce second épisode manque cruellement d’originalité et recycle des mécaniques déjà vues vingt fois dans les classiques du genre.
Manque d’idées neuves selon Daniel Vávra
Dans une déclaration récente, Vávra s’est montré très critique envers le gameplay de The Outer Worlds 2. Son reproche principal ? L’incapacité d’Obsidian à livrer la moindre innovation digne de ce nom. Selon lui, le jeu repose entièrement sur des mécaniques déjà présentes depuis plus de deux décennies, que ce soit dans Deus Ex ou les premiers Fallout. Une stagnation qu’il juge d’autant plus dommageable que le studio a désormais le soutien de Microsoft et donc, sur le papier, des moyens colossaux.
Il va plus loin en demandant publiquement si quelqu’un est capable de citer un seul élément de gameplay réellement inédit dans The Outer Worlds 2. Sa réponse est sans appel : lui, il n’en trouve pas. Et c’est bien ça le problème.

Des critiques sur la structure trop classique des RPG modernes
Pour Vávra, le problème ne se limite pas à ce seul jeu. Il déplore une tendance plus globale dans les RPG actuels : des mondes ouverts construits sur de grandes zones génériques, des quêtes banales, des coffres à looter tous les deux mètres, et une progression artificiellement allongée avec du grinding à rallonge.
Il évoque aussi les inévitables couloirs de maintenance, les écrans de chargement fréquents et les PNJ interchangeables. Autant d’éléments qui donnent l’impression de jouer, encore et encore, au même jeu, quelle que soit sa direction artistique ou son univers.
Et pourtant, malgré ce constat amer, Vávra n’a pas descendu le jeu en flèche. Il admet qu’il y a de bonnes choses, et lui attribue un 7 sur 10. Une note qui en dit long : derrière la critique impitoyable, il reconnaît que le titre a tout de même un minimum de tenue.
Un écart de budget qui fait réfléchir
Autre point soulevé par le directeur de Kingdom Come : le budget colossal que représente un jeu comme The Outer Worlds 2. S’il ne donne pas de chiffre exact, il estime que la production du RPG d’Obsidian a très probablement dépassé les 50 millions de dollars. Et de son côté, Kingdom Come: Deliverance 2, selon le PDG de Warhorse Martin Fryvaldsky, a coûté environ 47 millions de dollars (en couronnes tchèques converties).
Avec un investissement à peine inférieur, KCD2 revendique une approche beaucoup plus ambitieuse sur le plan du gameplay, de l’écriture et de la direction artistique. Un contraste qui, selon Vávra, devrait donner à réfléchir.
L’échec partiel de The Outer Worlds 2 serait d’autant plus inquiétant qu’il survient à une période où Obsidian, malgré son appartenance au groupe Xbox Game Studios, pourrait être touché par des restructurations. Dans un contexte où les grandes sociétés du jeu vidéo procèdent à :
- des licenciements massifs
- des réductions de budget
- des fermetures de studios
La question se pose : combien de titres moyens un studio peut-il livrer avant de passer à la trappe ?
Pour un joueur, ce débat met en lumière les limites de certaines grosses productions actuelles, et l’importance de soutenir des jeux qui ne misent pas uniquement sur une formule éprouvée.
