Les joueurs qui comptaient sur l’édition physique de The Outer Worlds 2 sur PS5 risquent d’être déçus. Le disque ne contient que 1,32 Go de données, alors que le jeu complet en pèse environ 77 Go. Résultat, il agit plus comme une clé d’activation que comme une véritable version jouable hors ligne.
Une galette quasi vide qui inquiète
L’information, relayée par Chris du groupe DoesItPlay, soulève une vraie question sur le rôle des éditions physiques aujourd’hui. Leur équipe évalue si un jeu peut fonctionner sans connexion internet une fois installé via disque. Et ici, le constat est sans appel : sans internet, impossible d’accéder à The Outer Worlds 2. Vous insérez le disque, mais il ne permet que de lancer un téléchargement massif via le PSN, comme si vous aviez acheté la version numérique.
Ce qui dérange encore plus, c’est qu’un disque Blu-ray de PS5 peut contenir jusqu’à 100 Go de données. Techniquement, il y avait largement la place pour y intégrer la totalité du jeu. Le choix éditorial qui consiste à limiter le contenu à quelques centaines de mégaoctets laisse donc perplexe les joueurs, notamment pour un titre si attendu.

Une tendance qui s’ancre chez les jeux Xbox Game Studios
Ce n’est d’ailleurs pas un cas isolé. Ces derniers temps, plusieurs productions estampillées Xbox Game Studios ont adopté le même modèle. Gears of War: Reloaded faisait exception avec sa campagne jouable hors ligne, mais Doom: The Dark Ages, lui, n’offrait que 85 Mo sur disque. Même constat pour Indiana Jones and the Great Circle.
Cette logique s’installe peu à peu dans la politique des éditeurs Microsoft. Et elle a clairement des conséquences : les joueurs attachés aux versions physiques, qu’ils soient collectionneurs ou tout simplement mal connectés, se retrouvent à la traîne. Les boîtiers ne contiennent plus vraiment les jeux complets, mais une partie de plus en plus réduite, parfois inexistante.
Un coup dur pour l’accessibilité et la préservation
Ce recours massif au dématérialisé via des éditions physiques au rabais pose deux problèmes majeurs. D’abord, l’accessibilité hors ligne devient quasiment impossible pour ceux qui n’ont pas une connexion fibre ou qui souhaitent jouer sans être dépendants d’un service en ligne.
Ensuite, la question de la conservation se pose sérieusement. Un disque contenant le jeu intégral est utilisable dans 10 ou 20 ans. Un disque qui agit uniquement comme un lien vers un serveur ne garantit absolument rien sur le long terme. Que se passera-t-il quand les serveurs de téléchargement ne seront plus accessibles ?
Face à cette évolution, il est difficile de ne pas être inquiet. On comprend les enjeux économiques et logistiques derrière cette pratique, mais elle érode la valeur même des supports physiques.
À terme, on risque de ne garder en main que des boîtiers vides, trophées symboliques d’un temps révolu où acheter un jeu signifiait posséder quelque chose de concret.
