Towa and the Guardians of the Sacred Tree

Towa : comment bien progresser malgré le système d’améliorations frustrant

Towa and the Guardians of the Sacred Tree mise sur une approche originale du roguelike, mêlant gameplay à choix multiples, progression modulaire et narration intelligente. Avec ses huit personnages jouables et un univers visuellement expressif, le titre publié par Bandai Namco sort du lot, même s’il se heurte à quelques défauts côté rythme et difficulty.

Un casting qui encourage l’expérimentation

La première bonne surprise, c’est la variété des styles de jeu. Towa ne vous bride pas : les huit personnages disponibles ont chacun leur patte en matière de combat, et même si les commandes de base restent identiques, les sensations sont totalement différentes selon qui on incarne.

Koro et Mutsumi, par exemple, se gèrent à distance et permettent d’adopter un style plus posé. Rekka ou Nishiki, eux, ne jurent que par le corps-à-corps, encouragent la mobilité et le placement au pixel près. Le point fort ici, c’est que le jeu récompense clairement l’expérimentation. On a envie de tous les essayer, tous les combiner.

C’est grâce à cette base solide que le jeu évite la redite. Chaque personnage change notre approche du niveau, et comme les améliorations s’adaptent en temps réel à notre style de combat, on se retrouve souvent à alterner de stratégie en cours de run. Un vrai plus pour la rejouabilité.

Des niveaux à choix et un système d’amélioration à double tranchant

Comme tout bon roguelike, Towa propose des maps qui se renouvellent. Chaque niveau se compose de plusieurs salles à enchaîner, avec un choix d’améliorations entre chaque phase. À première vue, c’est du connu, mais le système a ses propres règles.

Les améliorations, ici, ne s’accumulent pas toujours : certaines remplacent les précédentes. Ça crée une vraie tension dans les choix à faire. Est-ce que je garde mon attaque de feu qui claque ou je tente la foudre pour plus de zone ? Le souci, c’est que parfois, on a l’impression de ne pas progresser, simplement de changer latéralement de style.

Le système de forge, censé nous faire gagner en puissance de manière plus tangible, n’aide pas toujours. Il est un peu lent à se débloquer, et même frustrant dans les moments où on sent qu’on stagne. C’est sans doute le principal point faible du jeu : on peut avoir la sensation d’être à la merci du hasard pendant plusieurs phases.

Towa and the Guardians of the Sacred Tree

Une progression narrative originale qui enrichit le genre

Là où Towa innove franchement, c’est dans sa manière d’articuler gameplay et narration. Les personnages voyagent entre deux mondes parallèles, ce qui les retire progressivement de l’équipe disponible. Cette mécanique transforme la gestion de groupe en véritable planification stratégique.

On ne se contente plus de choisir son perso préféré : on doit envisager la suite, anticiper sa perte, tester de nouvelles synergies. Chaque séparation est marquée par une séquence autour d’un feu de camp, calme, presque mélancolique, qui vient renforcer l’attachement aux personnages et donne du corps à l’aventure.

C’est un pari osé dans un roguelike, mais ici, ça fonctionne. Plutôt que d’être un simple enchaînement de runs battus en brèche par la mort, Towa donne un cadre beaucoup plus narratif à ses mécaniques. Et ça, c’est franchement rafraîchissant.

Une direction artistique qui régale les yeux

Le jeu est clairement pensé pour être lisible, mais ça ne l’empêche pas d’avoir du style. Les effets visuels, surtout ceux liés aux éléments (feu, glace, foudre…), rendent chaque compétence immédiatement identifiable. Ce qui est agréable, surtout quand les salles se remplissent vite d’ennemis et de projectiles.

Les personnages sont bien dessinés, chacun avec sa petite identité marquée. Les créatures comme Nishiki et Mutsumi, qui ont un design plus animal, donnent un ton presque féerique à l’ensemble, sans virer au kitsch. On sent le soin apporté à l’univers visuel, cohérent et suffisamment charmant pour qu’on s’y attache.

  • 8 personnages jouables avec des styles bien distincts
  • Progression modulaire à travers des niveaux-salles avec choix d’améliorations
  • Système d’améliorations parfois frustrant par son côté non cumulatif
  • Mécanique de double monde qui pousse à alterner les personnages
  • Direction artistique colorée et efficace

Disponible sur PS5, Xbox Series X|S, Nintendo Switch et PC, Towa and the Guardians of the Sacred Tree est une vraie tentative de renouvellement du roguelike. Ça ne coche pas toutes les cases du jeu parfait, notamment à cause de son système de progression un peu brouillon, mais l’intention est là, et c’est assez bien exécuté pour qu’on s’y attarde. Note : 3,5 sur 5.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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