Depuis la mise à jour Voyager d’août 2025, No Man’s Sky permet aux joueurs de construire leur propre vaisseau spatial pièce par pièce. Une vraie liberté de création, qui s’ajoute à un univers vaste et fascinant. Mais une question se pose : ces engins futuristes pourraient-ils voler dans notre réalité ?
Une accélération à 60 g, autant dire impossible à encaisser
Dans No Man’s Sky, les vaisseaux proposent quatre modes de déplacement : le vol standard, le vol d’impulsion, le vol hyper-propulsé et les sauts entre galaxies. Un cocktail taillé pour l’exploration intersidérale, mais à y regarder de près, ça dérive assez vite vers le fantastique. En vol atmosphérique simple, un vaisseau “nu” atteint environ 180 km/h : une vitesse réaliste, proche de celle d’un avion léger. Le problème arrive au moment du décollage.
Pour quitter une planète, le vaisseau accélère de façon brutale et atteint 6 500 km/h en trois secondes. Cela représente une accélération d’environ 60 fois la gravité terrestre, ou 60 g. À titre de comparaison, les pilotes d’avion de chasse très bien entraînés supportent brièvement environ 9 g avant perte de conscience ou dommages corporels. À 60 g, non seulement le pilote meurt sur-le-champ, mais même la structure du vaisseau devrait se désintégrer sans une technologie avancée contre l’inertie… qui n’existe évidemment pas. Certes, No Man’s Sky est un jeu, mais ici, on sort complètement du cadre crédible.

Vitesse folle et déplacements interstellaires instantanés
Une fois dans l’espace, le joueur peut activer le vol d’impulsion, une forme de propulsion plus rapide. On monte alors à environ 70 000 km/h. À l’échelle humaine, impossible de tenir cette cadence dans un appareil habité. La sonde Parker Solar Probe de la NASA, le véhicule le plus rapide créé par l’homme, a atteint 700 000 km/h, mais elle ne transporte ni pilote ni passager et sa vitesse ne s’applique qu’en orbite solaire avec assistance gravitationnelle.
Et ce n’est rien à côté des sauts entre systèmes stellaires. Dans le jeu, ces voyages s’effectuent en quelques secondes, alors même que les systèmes en question sont séparés de centaines d’années-lumière. Traduction : les vaisseaux vont plus vite que la lumière, ce qui est actuellement interdit par les lois connues de la physique, notamment par la théorie de la relativité d’Einstein. On ne parle plus de prouesse technologique, on parle directement de magie.
Une physique spatiale à réinventer totalement
No Man’s Sky ne prend pas non plus la peine de simuler l’effet de l’atmosphère. Aucun effet de friction, aucune surchauffe lors des entrées planétaires ou des descentes à grande vitesse. Dans le jeu, les vaisseaux se comportent exactement de la même manière dans l’atmosphère dense d’une planète que dans le vide spatial. Ce serait pourtant un désastre dans la réalité.
Dans notre monde, un vaisseau spatial conçu pour fonctionner en orbite ne peut tout simplement pas se déplacer dans une atmosphère comme un avion. Il lui faudrait un minimum d’ailes ou de surfaces aérodynamiques. Le vol nécessiterait aussi une prise en compte de la portance, de la résistance de l’air, et d’une propulsion efficace en milieu dense (où les propulseurs ioniques seraient inopérants, par exemple). Bref, les engins de No Man’s Sky relèvent plus d’un fantasme de science-fiction que d’un design crédible.
Une approche assumée : on vise le rêve, pas la rigueur
Ce choix de conception n’est aucunement dû au hasard. No Man’s Sky ne cherche pas à concurrencer des simulateurs comme Kerbal Space Program, où chaque action repose sur les lois de la physique réelle. Ici, c’est l’expérience du voyage spatial qui prime. On explore, on décolle, on saute de système en système sans contraintes techniques. Pas de calculs, pas de carburant à gérer au milligramme, pas de limitations humaines à respecter.
C’est un parti pris artistique assumé : celui d’offrir une sensation de liberté pure, presque enfantine. On vit un rêve d’astronaute sans se heurter à la complexité du réel. Certes, les vaisseaux de No Man’s Sky sont tout sauf réalistes, mais ils nourrissent une promesse d’aventure constante, et dans le cadre d’un jeu vidéo, c’est aussi ça qui compte.
