Consoles jeu vidéo

Ventes consoles en chute : faut-il blâmer prix ou manque d’innovations ?

Le mois de novembre 2025 a enregistré le plus faible volume de ventes de consoles aux États-Unis depuis 1995, avec seulement 1,6 million d’unités écoulées. Malgré des promotions notables comme une baisse de 100 dollars sur la PS5, les consommateurs semblent avoir freiné leurs achats, marquant un tournant préoccupant pour le marché du jeu vidéo.

La PS5 en tête, mais rien à fêter

C’est bien la PlayStation 5 qui a terminé le mois de novembre en tête des ventes de consoles aux États-Unis. Une belle performance, d’autant plus qu’elle devance la Switch 2 de Nintendo, pourtant lancée en fanfare en juin dernier. Mais ce succès relatif ne peut masquer la réalité du marché : les ventes au global sont historiquement faibles. 1,6 million d’unités toutes machines confondues en un mois habituellement crucial — c’est un chiffre que le secteur n’avait pas vu depuis trente ans.

Il faut dire que les conditions économiques actuelles n’aident pas. Même avec des promotions agressives comme celle de Sony et sa baisse temporaire de prix, les acheteurs hésitent. Et c’est là toute la problématique : même des remises importantes ne suffisent plus à déclencher l’acte d’achat massif que l’on attend généralement à l’approche des fêtes.

PlayStation 5

Un mois de novembre historiquement sous tension

Depuis 2018, les ventes de consoles en novembre sont en déclin constant. C’est ce qu’illustre parfaitement le graphique partagé par Mat Piscatella, analyste chez Circana. Novembre est pourtant un mois charnière : c’est là qu’ont lieu les rabais du Black Friday, mais aussi les préparatifs des achats de fin d’année. En règle générale, les constructeurs jouent gros sur cette période.

Mais cette année, les chiffres sont tombés, et ils sont sans appel. Il faut remonter à novembre 1995 pour retrouver des ventes aussi basses. À l’époque, les seules nouvelles machines disponibles étaient la PlayStation 1 et la Sega Saturn, deux plateformes encore peu installées. Les Super Nintendo et Mega Drive étaient déjà sur le déclin. En théorie, le marché actuel, avec la PS5 bien implantée, le retour de la Switch en version 2 et des titres solides, devrait offrir une meilleure dynamique.

Des prix qui grimpent, des acheteurs moins chauds

L’une des données les plus révélatrices du rapport de Circana concerne le prix moyen des consoles. En novembre 2025, il avoisine les 450 dollars. C’est tout simplement le montant le plus élevé observé depuis trois décennies. Et ce n’est pas parce qu’un nouveau monstre technique est arrivé sur le marché. Le Switch 2 est positionné dans la moyenne, mais les PS5 et Xbox Series X|S sorties il y a cinq ans sont aujourd’hui plus chères qu’à leur lancement. Une première assez surprenante, qui pourrait expliquer en partie la frilosité des consommateurs.

En clair, ceux qui espèrent s’équiper ou renouveler leur matériel doivent sortir un budget plus conséquent qu’auparavant. Et dans un contexte économique encore incertain, ça pèse lourd dans la décision d’achat.

Un outsider inattendu au tableau

Petit détail qui en dit long sur la dynamique actuelle du marché : une machine peu connue, la NEX Playground, s’est mieux vendue que la Xbox Series X|S pendant le Black Friday et sur l’ensemble du mois de novembre. Ce n’est pas un raz-de-marée, mais le simple fait qu’un outsider dépasse une console estampillée Microsoft, habituellement incontournable sur cette période, montre à quel point les équilibres sont bousculés.

Ce genre de surprise suggère que l’attrait pour les consoles traditionnelles commence à s’émousser, ou du moins, que certains consommateurs cherchent d’autres options, plus économiques ou plus originales.

Des habitudes en pleine mutation

Au final, cette baisse record n’est pas uniquement un symptôme économique, c’est aussi le reflet d’un changement d’habitudes. Le jeu sur PC et le cloud gaming grignotent du terrain. Les consoles ne font plus toujours le poids face à ces alternatives plus souples. De plus, les catalogues de jeux récents n’ont pas forcément convaincu un large public de sauter le pas en cette fin d’année, faute de titres majeurs ou de vraies exclusivités capables de justifier l’investissement.

Dans ce contexte, même une machine performante et soldée comme la PS5 ne parvient pas à inverser la tendance.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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