Battlefield 6 et Call of Duty

Ventes en chute de Call of Duty : comment Battlefield 6 a repris l’avantage depuis 2024

L’ex-PDG d’Activision Blizzard, Bobby Kotick, affirme que les ventes de Call of Duty ont chuté de plus de 60 %, en partie à cause de Battlefield 6. Cette déclaration, extraite d’un document judiciaire lié au procès opposant Microsoft à la justice du Delaware, relance le débat sur l’état de santé du FPS star d’Activision.

Quand Call of Duty perd du terrain, la concurrence n’est jamais loin

C’est une déclaration qui ne passe pas inaperçue. Bobby Kotick, ex-dirigeant historique d’Activision, soutient que la baisse dramatique des ventes de Call of Duty, amorcée depuis 2024 selon lui, serait liée en partie au succès de Battlefield 6. S’il reconnaît que ce recul s’est produit après son départ de la tête d’Activision, le timing n’est sans doute pas anodin, et la déclaration laisse entendre qu’il aurait fait mieux ou pris d’autres décisions. Mais au fond, Battlefield 6 aurait-il réellement causé tout ce remue-ménage ?

Le FPS d’Electronic Arts, lancé avec quelques accrocs, notamment des bugs et une réception mitigée, n’en a pas moins su séduire un public lassé des Call of Duty trop calibrés. En proposant un gameplay plus ouvert et en promettant une planification plus cohérente de son contenu post-lancement, EA a su se repositionner malgré un départ en demi-teinte. Même si la saison 2 de REDSEC a été repoussée, la dynamique semble positive.

Battlefield 6 REDSEC

Des critiques internes chez Call of Duty qui pèsent lourd

La chute de Call of Duty ne s’explique pas uniquement par une poussée adverse. Plusieurs erreurs de la franchise pèsent lourd dans la balance depuis plusieurs années. Le modèle économique, jugé toxique par une partie de la communauté, les microtransactions omniprésentes et un manque criant de renouvellement dans le gameplay ternissent l’image du géant.

Les épisodes s’enchaînent sans risque, et malgré quelques ajustements techniques ou retours aux sources comme dans Modern Warfare ou Black Ops, l’ensemble reste trop lisse. On sent que les joueurs veulent du changement, quelque chose de plus viscéral, plus moderne, moins machinal.

En somme, la concurrence existe, oui, mais c’est surtout Call of Duty qui a perdu une partie de son identité en courant après des modèles économiques plus lucratifs que plaisants.

Un tacle bien placé contre la FTC ?

Au-delà de la question commerciale, la déclaration de Kotick prend une autre dimension politique dans le contexte du procès contre la Federal Trade Commission. Celle-ci s’opposait à l’acquisition d’Activision par Microsoft en arguant que l’éditeur dominait largement le marché des FPS, réduisant considérablement la concurrence.

En pointant Battlefield comme une menace directe pour Call of Duty, Kotick tente de démontrer que le marché reste ouvert et dynamique. C’est un moyen subtil de diluer l’argument de monopole. Si un jeu d’Electronic Arts peut à lui seul grignoter 60 % des ventes du mastodonte activisionien, l’hypothèse d’un contrôle écrasant tombe à plat.

Mais attention aux chiffres sortis du chapeau : aucune donnée concrète n’a été fournie pour étayer ce chiffre de 60 %. Il résonne fort, certes, mais reste à prendre avec des pincettes.

Une rivalité historique qui retrouve du mordant ?

On pensait que le duel entre Battlefield et Call of Duty était enterré pour de bon, pourtant cette déclaration pourrait bien relancer indirectement la machine. Battlefield a encore beaucoup à prouver, et son avenir dépendra de sa capacité à livrer :

  • des saisons de qualité
  • régulières
  • et bien calibrées

Quant à Call of Duty, la franchise ne s’endort pas pour autant. Le prochain volet, Black Ops 7, est déjà dans les tuyaux, avec l’espoir de rameuter les joueurs grâce à une ambiance narrative plus marquée et des mises à jour d’équilibrage plus fréquentes.

En attendant, il plane toujours cette idée que les FPS AAA doivent évoluer pour survivre. Le public est plus exigeant, il ne suffit plus de balancer un mode multijoueur générique et une campagne solo recyclée. Ceux qui stagnent seront laissés sur le carreau, concurrence ou pas.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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