Quelques jours après avoir été soupçonné d’utiliser l’intelligence artificielle pour promouvoir son jeu, The First Descendant se retrouve plongé dans une polémique plus sérieuse : un streamer affirme que son visage a été utilisé sans autorisation. L’affaire soulève de vraies questions sur l’usage de l’IA dans le marketing vidéoludique.
Le streamer se dit volé, son image transformée par l’IA
C’est en réponse à une vidéo virale sur TikTok que DanieltheDemon, un créateur de contenu bien connu sur la plateforme, a décidé de sortir du silence. Il affirme que l’une de ses vidéos a été manipulée via l’IA pour promouvoir The First Descendant, un TPS multijoueur récemment lancé.
Selon lui, sa vidéo la plus virale a été recyclée sans son accord. Son visage a été récupéré, sa bouche artificiellement modifiée pour correspondre à des propos fictifs et une voix générée par l’IA a été utilisée. L’effet est bluffant mais clairement frauduleux. Aucun contrat, aucun accord, aucune autorisation. DanieltheDemon affirme avoir été totalement mis à l’écart du processus.
L’élément étrange, c’est qu’il ne parle jamais de ce type de jeu. Sa popularité vient de vidéos autour de jeux d’horreur indépendants, loin de l’univers d’un shooter en équipe massivement multijoueur comme The First Descendant. Un choix pour le moins surprenant s’il s’agit vraiment d’une initiative officielle.
Des signes évidents d’IA dans les vidéos diffusées
La vidéo qui a mis le feu aux poudres n’est pas la seule en cause. Plusieurs extraits diffusés sur TikTok présentent des anomalies flagrantes, notamment des visages peu naturels, des mouvements de bouche mal synchronisés ou rigides, et des intonations bizarres sur certaines phrases.
Ces imperfections sont des signes bien connus des vidéos créées ou modifiées par intelligence artificielle — un domaine qui évolue rapidement mais qui garde encore quelques limites visibles pour un œil averti. Dans certains cas, les créateurs artificiels ne ressemblent à personne, mais adoptent l’apparence générale d’un streamer : webcam frontale, casque-micro, gestuelle exagérée.
Il est donc quasiment certain que l’IA a joué un rôle important dans la production de ces publicités déguisées. Ce qui pose la question : qui en est responsable ?
L’éditeur botte en touche, l’enquête traîne
Face à la controverse, l’éditeur de The First Descendant a fini par réagir. Sur les réseaux sociaux, il reconnaît des « irrégularités » dans le cadre du TikTok Creative Challenge, un concours communautaire où n’importe quel créateur peut proposer du contenu promotionnel autour d’un jeu.
Dans ce contexte, l’éditeur affirme ne pas être à l’origine directe des vidéos incriminées, tout en précisant qu’une enquête est en cours en collaboration avec TikTok. Le problème, c’est que l’enquête semble piétiner. Aucune reconnaissance explicite de l’usage d’IA, encore moins d’excuses aux créateurs concernés.
Pour rappel, ces campagnes virales font partie d’un modèle publicitaire de plus en plus utilisé par les studios. Elles permettent de générer des millions de vues à moindre coût, parfois au prix de pratiques douteuses.
Ce que tout ça change pour les joueurs
Cette affaire dépasse le simple cas de DanieltheDemon. Elle reflète une tendance inquiétante : celle de publicités de jeux vidéo générées ou amplifiées par des IA, parfois à l’insu complet des vrais créateurs.
Pour les joueurs, c’est un problème de confiance. Peut-on croire ce que l’on voit sur TikTok ou Instagram quand un « streamer » semble encenser un nouveau jeu ? Est-ce vraiment lui, ou une copie trafiquée avec une techno que seul un œil expert peut détecter ?
Ce scandale met en lumière la nécessité de réguler l’usage de l’intelligence artificielle dans la communication autour des jeux vidéo. Sans cadre clair, tout le monde peut se retrouver victime : les influenceurs, les joueurs et même les développeurs de bonne foi.
En attendant, si vous croisez sur vos réseaux une vidéo trop parfaite vantant les mérites d’un jeu que vous ne connaissez pas, gardez un doute. Ce n’est peut-être ni honnête, ni humain.

