Yakuza 3

Yakuza Kiwami 3 supprime une substory trans culte : pourquoi les fans sont furieux et comment réagir

Le remake Yakuza Kiwami 3 fait actuellement polémique, notamment pour avoir supprimé une grande partie des quêtes secondaires qui avaient fait la richesse du jeu d’origine. Le point de crispation majeur ? L’absence de « Talking to Me », une substory emblématique mettant en scène une femme transgenre, que les fans considéraient comme un moment fort et progressiste.

Un remake qui coupe court aux aventures secondaires

Yakuza 3, lors de sa sortie initiale sur PS3 en 2009, comptait pas moins de 119 substories, ces fameuses quêtes secondaires qui viennent enrichir la narration et offrir une parenthèse souvent émotive ou absurde dans les pérégrinations de Kiryu. La version remake, sobrement intitulée Yakuza Kiwami 3, en propose seulement 31. Perdre près de 90 substories, ce n’est pas exactement un détail.

Ce choix radical n’est pas passé inaperçu. De nombreux joueurs ont rapidement noté l’absence de segments narratifs importants qui participaient à la construction de l’univers et surtout de l’humanité du personnage principal. Car chez Yakuza, les quêtes annexes ne sont pas juste du remplissage, elles permettent de découvrir un Kiryu plus vulnérable, plus humain, attentif aux marginaux et aux oubliés.

“Talking to Me” : une disparition qui fait du bruit

Parmi les absences les plus remarquées, celle de la substory “Talking to Me” a cristallisé les critiques. Dans cette quête, Kiryu rencontre Ayaka, une masseuse qui lui révèle qu’elle est une femme transgenre. L’échange qui en découle est sobre, respectueux et empreint d’empathie : Kiryu exprime sa compréhension et son soutien, dans une scène qui, en 2009 déjà, faisait figure de rareté dans le paysage vidéoludique japonais.

Pour de nombreux fans, c’était un moment marquant de la série Yakuza, un geste d’ouverture inattendu mais puissant. En retirant cette substory du remake, Ryu Ga Gotoku Studio a non seulement élagué un chapitre important mais aussi anéanti un message d’inclusion qui avait résonné positivement avec une partie du public.

Yakuza 3 : "Talking to Me"

Colère sur les réseaux et théorie du droit à l’image

La réaction ne s’est pas faite attendre. Sur les forums de fans et les réseaux sociaux, les messages de déception et de frustration se sont multipliés. Certains dénoncent une censure injustifiée, voire une régression dans la représentation des personnages LGBTQ+ dans la série.

Plusieurs internautes avancent une hypothèse : Ayaka serait inspirée d’une vraie personne, et les droits à son image n’auraient pas pu être conservés pour le remake. Mais cet argument est loin de convaincre tout le monde, surtout venant d’un studio qui, par le passé, a su modifier l’apparence de personnages majeurs ou même collaborer avec des acteurs controversés.

Une décision qui laisse un goût amer

Le retrait de “Talking to Me” n’est pas un simple ajustement de contenu. Pour beaucoup, c’est la suppression d’un moment de grâce dans une saga qui, malgré ses aspects violents et caricaturaux, sait parfois toucher juste. En perdant cette substory, Yakuza Kiwami 3 abandonne une part précieuse de ce qui rendait son héros si attachant : sa capacité à écouter, à comprendre et à soutenir ceux que la société ignore.

En résumé, voilà une coupe difficile à avaler pour la communauté. Si le lifting graphique et les améliorations techniques du remake sont bien réels, le sacrifice narratif, lui, ne passe pas. Et pour un jeu aussi chargé en humanité que Yakuza, perdre un cœur aussi vibrant laisse forcément un vide.

Lucas Durand

Depuis mon plus jeune âge, je suis un inconditionnel des jeux vidéo. Que ce soit des classiques de l'ère 8-bits ou les dernières sorties AAA, je suis toujours à la recherche de la prochaine grande aventure vidéoludique. Ayant été testeur pour un magazine de jeux vidéo, j'ai une vision à la fois analytique et passionnée des jeux que j'aborde.

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